L'association VOIR ET DIRE CE QUE L'ON VOIT a été créée en réaction à la dérive d’un débat d'idées de plus en plus souvent menacé par la judiciarisation. Synonyme d’un musèlement de la liberté d'expression et, partant, d’une restriction du débat intellectuel au profit d'une « pensée conforme ». Notre association n'a pas pour but de prendre parti sur le fond des débats en cours, et pas davantage juger du bien-fondé d’une thèse. Elle entend seulement rappeler qu’à la condition de ne pas relever de l'insulte, ni de l'appel explicite à la haine et au meurtre, ni, enfin, de la négation des génocides du siècle passé, le débat intellectuel n'a pas sa place au tribunal. De surcroit, instrumentalisée par divers groupes de pression communautaristes, la judiciarisation actuelle concourt à instiller une atmosphère de peur dans l'expression de la pensée. Et à renforcer chez beaucoup la conviction d'une démocratie détournée.

 

Notre association apportera son soutien à ceux qui ont à faire avec la justice pour avoir émis des opinions non conformes à cette « pensée moyenne » qui constitue aujourd’hui un véritable code d’accès aux grands médias. Les questions qu’ils posent comme les thèses qu’ils émettent auraient dû rester dans le seul champ de la confrontation d’idées. Notre soutien portera donc exclusivement sur la possibilité de s'exprimer sans encourir le risque d'un procès.

A la condition de respecter la réserve évoquée plus haut, la défense de la liberté d'opinion est le plus sûr moyen de redonner sens à une démocratie devenue un théâtre d'ombres pour un grand nombre de nos concitoyens. L’oligarchie médiatico-financière qui la confisque alimente ce conformisme culturel qui menace des foudres de la Justice qui s’en écarterait. Cette crainte  favorise la progression du ressentiment, l’émiettement de la société, le repli sur la sphère privée. Voire, pour d’autres, la tentation des solutions extrêmes.

Restaurer la liberté d'opinion en refusant la judiciarisation du débat d'idées, ce n’est pas seulement redonner sens au mot  démocratie, c’est aussi tenter d’allumer un contre-feu à la tentation de la violence.